La CCI-Togo rend hommage à deux géants du panafricanisme économique

Il existe des hommes dont les trajectoires dépassent largement la réussite individuelle. Des hommes qui, par la force d’une vision, finissent par transformer durablement le destin économique d’un continent. Samedi 20 juin 2026 à Lomé, le Togo a choisi de célébrer deux de ces figures rares : Gervais Koffi Djondo et Dr Paul Kammogne Fokam.

Dans le prestigieux cadre de l’Hôtel 2 Février, la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo (CCI-Togo), avec l’autorisation du Président du Conseil, Son Excellence Faure Essozimna Gnassingbé, a organisé une cérémonie solennelle en hommage à ces deux capitaines d’industrie africains dont les parcours incarnent depuis plusieurs décennies l’excellence entrepreneuriale africaine.
Bien plus qu’un simple hommage protocolaire, l’événement a pris l’allure d’une célébration du panafricanisme économique, cette conviction profonde selon laquelle l’Afrique doit produire ses propres solutions, bâtir ses propres institutions et créer sa richesse par ses propres forces.
Au cœur de cette rencontre, un ouvrage : « Deux capitaines d’industrie se racontent ». Un dialogue intellectuel entre deux hommes dont les réalisations ont profondément marqué l’histoire économique du continent.

D’un côté, Gervais Koffi Djondo, figure emblématique du Togo moderne. Ancien ministre, ancien président de la Chambre de Commerce du Togo, il demeure surtout connu comme l’un des architectes de deux projets devenus symboliques pour l’intégration africaine : la banque panafricaine Ecobank et la compagnie aérienne ASKY Airlines. Deux institutions nées d’une même ambition : démontrer que l’Afrique pouvait créer ses propres champions capables de rivaliser à l’échelle internationale.

De l’autre, le Camerounais Dr Paul Kammogne Fokam, fondateur d’Afriland First Bank et pionnier de l’inclusion financière à travers son modèle des Mutuelles Communautaires de Croissance (MC2). Investisseur, universitaire et promoteur de l’excellence académique, il fait partie de cette génération d’entrepreneurs qui ont replacé la finance au service du développement local africain. L’homme d’affaires camerounais a d’ailleurs partagé quelques convictions forgées au fil de plusieurs décennies d’expérience entrepreneuriale.
Pour lui, l’une des conditions essentielles de la réussite demeure la capacité à persévérer, même lorsque les difficultés semblent insurmontables. Il a notamment invité les jeunes générations africaines à sortir d’une certaine mentalité de pauvreté encore trop présente dans les esprits, à développer une véritable vision entrepreneuriale panafricaniste et surtout à poursuivre cette ambition avec détermination, quels que soient les obstacles.
Cette culture de l’exigence et de la persévérance a d’ailleurs été soulignée par plusieurs témoignages au cours de la cérémonie. Pour beaucoup, l’Afrique gagnerait à s’inspirer davantage de personnalités de cette trempe, des hommes qui ne reculent face à aucune difficulté et qui transforment les obstacles en opportunités.

Devant un parterre de haut niveau composé notamment de membres du gouvernement, de parlementaires, de responsables d’institutions de la République, de diplomates, d’acteurs économiques et de représentants du secteur privé, Dr José Kwassi SYMENOUH, a rappelé la portée symbolique de cet hommage.
Pour lui, les parcours des deux hommes rappellent une vérité essentielle : l’Afrique dispose des compétences, du capital humain et de la vision nécessaires pour construire elle-même sa prospérité.

« Nous avons besoin de modèles africains capables d’inspirer les générations montantes », a-t-il déclaré, en rappelant à la jeunesse entrepreneuriale du continent l’importance de s’inspirer de parcours bâtis sur la vision, la rigueur et la persévérance.
Un message qui fait directement écho à l’ouvrage au centre de cette rencontre, conçu comme un véritable héritage intellectuel destiné aux entrepreneurs africains de demain. À travers treize contributions, les deux auteurs y partagent plusieurs décennies de réflexions sur la gouvernance, l’investissement, la finance, le leadership et les défis du développement africain.

Le critique littéraire, Professeur Guy Missodé, a lui aussi insisté sur cette dimension pédagogique de l’ouvrage. Pour le Professeur, l’ouvrage est un véritable outil de transmission destiné à la nouvelle génération d’entrepreneurs africains et un guide qui permet de mieux comprendre les exigences d’un environnement économique mondial de plus en plus compétitif, où vision, discipline et maîtrise des instruments financiers deviennent essentielles.
En honorant Djondo et Fokam, la CCI-Togo a voulu rappeler que l’avenir économique africain dépendra largement de sa capacité à faire émerger davantage d’entrepreneurs visionnaires, capables non seulement de créer des entreprises performantes, mais aussi de bâtir des institutions durables au service du continent.