Biashara Africa 2026 : les Chambres de Commerce misent sur le digital pour accélérer la ZLECAf

En marge du Forum Biashara Africa, un side event pas des moindres : celui de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo (CCI-Togo), consacré à la transformation numérique du commerce africain. Organisée en collaboration avec la Fédération des Chambres de Commerce et d’Industrie de l’Afrique de l’Ouest (FEWACCI), la rencontre a réuni des acteurs du secteur public et privé autour des défis de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf) et du rôle que peuvent jouer les Chambres de Commerce via le digital.
Au centre des échanges, une question revient avec insistance : comment faire du digital un véritable accélérateur d’intégration économique sur le continent ?

D’emblée, les intervenants ont relevé que la ZLECAf ne pourra atteindre ses objectifs sans une transformation profonde des outils de facilitation du commerce et un renforcement du rôle des Chambres de Commerce dans l’écosystème économique africain.

Pour le président de la CCI-Togo, Dr José Kwassi SYMENOUH, la digitalisation constitue désormais un levier incontournable. Il estime que le digital est un puissant levier pour rapprocher les entreprises, réduire les contraintes administratives et rendre l’environnement économique plus inclusif et compétitif.
La FEWACCI, quant à elle, a rappelé la portée stratégique de l’accord continental. Son message, lu par le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Nigéria (NACCIMA), insiste sur une vision élargie de l’intégration africaine. « La ZLECAf représente bien plus qu’un accord commercial ; elle constitue un instrument de souveraineté économique et de transformation industrielle du continent », a-t-il été déclaré.
Au-delà des discours institutionnels, les échanges ont surtout mis en lumière les obstacles persistants qui freinent encore la fluidité du commerce intra-africain. Lourdeurs administratives, coûts logistiques élevés et fragmentation des systèmes commerciaux ont été largement évoqués.
Pour plusieurs participants, la solution passe par une accélération de la digitalisation des procédures commerciales, la dématérialisation des documents et l’interopérabilité des systèmes entre États. Les discussions ont également insisté sur la nécessité de renforcer les systèmes d’analyse de risques et de disposer de données fiables pour orienter les politiques publiques.
Le représentant du Ministre de l’Économie et de la Veille stratégique a rappelé les réformes engagées par le Togo pour améliorer l’environnement des affaires et faciliter les échanges régionaux. En témoigne l’exemption récente de visa d’entrée au Togo pour les ressortissants africains détenteurs d’un passeport national en cours de validité.
En marge de la rencontre, la CCI-Togo et la NACCIMA ont formalisé leur coopération à travers la signature d’un mémorandum d’entente. Cet accord prévoit le partage d’expériences, le renforcement de la coopération économique et commerciale, la facilitation et la fluidification des échanges entre les opérateurs économiques des deux pays, ainsi que l’accompagnement mutuel des entreprises. Le MoU prévoit également la mise en relation des acteurs économiques togolais et nigérians, le développement d’initiatives conjointes ainsi que la promotion des opportunités offertes par la ZLECAf au profit du secteur privé.
Les deux panels du side event ont suscité de vives discussions. Le premier a porté sur l’accès des PME aux opportunités offertes par le digital, notamment à travers les plateformes numériques des Chambres de Commerce, les certificats d’origine électroniques, le financement digital et le e-commerce.
Le second panel s’est concentré sur la facilitation du commerce et les corridors digitalisés, avec un accent sur la simplification des procédures douanières, la logistique intelligente et l’interconnexion des systèmes commerciaux.
À l’issue des échanges, un constat partagé : les Chambres de Commerce doivent jouer un rôle plus opérationnel dans la mise en œuvre de la ZLECAf. Plusieurs intervenants ont insisté sur la nécessité de dépasser les cadres institutionnels pour agir directement sur le terrain auprès des entreprises.
Les participants ont plaidé pour une intégration plus poussée des outils numériques, mais aussi pour une meilleure coordination entre États afin de lever les obstacles persistants aux échanges.
La rencontre de Lomé aura ainsi confirmé une tendance de fond : la transformation digitale du commerce africain n’est plus une option, mais un passage obligé pour donner corps à la ZLECAf.